Le ministre et le gouvernement du Canada ont demandé au Comité consultatif de fournir une analyse,
des recommandations et des conseils qui assureraient la capacité à long terme de Postes Canada d’
acquérir et de conserver une autonomie financière et d’assurer un service postal universel compte tenu
de l’évolution du monde de la poste, qui est de plus en plus concurrentiel et exigeant en raison des
changements technologiques et de la mondialisation.
Au cours de l’examen stratégique, le Comité consultatif a manifesté des préoccupations selon lesquelles :
- Les Canadiens sont généralement d’avis que Postes Canada est
rentable et financièrement stable, alors qu’il est évident pour le
Comité consultatif que la viabilité financière de Postes Canada est,
dans l’hypothèse la plus optimiste, incertaine;
- Les établissements et les installations de Postes Canada ont un
urgent besoin d’amélioration et de modernisation par suite de
dépenses en immobilisations inadéquates depuis plusieurs années;
- Il existe des malentendus et de la mauvaise compréhension au
sein de Postes Canada et du gouvernement relativement aux
responsabilités essentielles de Postes Canada et aux attentes
concrètes du gouvernement en matière de services postaux,
particulièrement concernant des aspects clés comme l’obligation
d’assurer un service universel et les services de courrier dans les
régions rurales;
- Les rôles, les responsabilités et les pouvoirs du gouvernement
du Canada à titre d’actionnaire, du conseil d’administration de la
Société et de la direction de Postes Canada doivent être précisés et
mieux compris par toutes les parties.
Ces réalités montrent l’urgence d’agir pour ce qui est des politiques
postales concrètes car, réunies, elles limitent la capacité de Postes
Canada de continuer à offrir un service postal universel aux Canadiens,
qui sont en droit de s’attendre à un service abordable et de qualité. La
situation est d’autant plus urgente en raison du récent ralentissement
économique et financier.
Le Comité consultatif vise à contribuer de façon constructive à
l’évolution constante de Postes Canada en formulant des recommandations
et en prodiguant des conseils afin d’assurer que Postes Canada ait la
capacité collective et commerciale dont elle a besoin pour conserver son
autonomie financière tout en présentant à l’actionnaire (le
gouvernement) des nouvelles façons de communiquer à Postes Canada ses
attentes en matière d’intérêt public.
Le rapport se compose des éléments suivants :
Partie I : Le monde de la poste au XXIe siècle
Développements dans le monde moderne de la poste
Le marché postal connaît de vastes changements en raison des nouvelles technologies,
de la mondialisation et de la libéralisation du commerce. La conjoncture du marché
postal moderne se présente en trois volets. Premièrement, le marché de la postelettres
est une industrie parvenue à maturité qui a probablement atteint son plus haut
niveau. Les perspectives dans ce secteur sont stables, dans l’hypothèse la plus optimiste.
Un recul lent mais constant est très probable. Le rythme que prend la substitution
électronique varie d’un pays à l’autre et d’un secteur à l’autre, et celle-ci ne s’est
peut-être pas accélérée aussi rapidement que prévu. Toujours est-il que la substitution
électronique s’est emparée d’une partie considérable du secteur postal, et la tendance
se maintient. Deuxièmement, la nouvelle économie et l’ampleur prise par le secteur
des services semblent contrebalancer la stagnation du marché des lettres. Le commerce
électronique présente des occasions de croissance en ce qui a trait aux paquets
et aux petits colis, et l’économie de services présente des occasions similaires sur les
marchés du courrier par messager et du courrier express. Troisièmement, notre société
est de plus en plus une société de communications, et la communication physique
continuera de jouer un rôle malgré l’essor de la communication électronique. Le marché
de la poste-lettres, à savoir le marché traditionnel protégé de Postes Canada, n’est
pas destiné à disparaître, mais il évolue et présente de nouveaux défis.
Le point de vue des Canadiens
Les Canadiens continuent à s’intéresser de très près aux questions
touchant les postes et sont profondément déterminés à assurer le
maintien d’un service postal viable et universel. La privatisation et la
déréglementation de Postes Canada n’ont reçu qu’un faible appui du
public, alors que le maintien d’un service universel abordable et de
qualité pour tous les Canadiens dans toutes les collectivités a reçu un
appui considérable, sinon unanime. La plupart des mémoires reçus
n’appuyaient pas la déréglementation du service postal – autrement dit,
ils n’appuyaient pas l’abolition du monopole de Postes Canada
relativement à l’acheminement des lettres (le privilège exclusif).
Bon nombre de Canadiens estiment en général que les tarifs postaux sont
modérés. Les entreprises qui ont recours aux services de Postes Canada
réclament généralement des prix moins élevés et moins de hausses de
prix. Toutefois, certaines entreprises estiment que le niveau de prix
est raisonnable compte tenu du service reçu. Le service postal est
particulièrement important pour les petites et moyennes entreprises
(PME)[ 1 ], qui considèrent le service postal comme une façon
rentable de présenter de nouveaux marchés. Cela dit, le Comité consultatif a entendu un certain nombre de préoccupations selon
lesquelles Postes Canada n’accorderait pas suffisamment d’attention aux
besoins des PME comparativement à l’attention qu’elle accorde aux plus
gros clients. Certaines grandes entreprises ont également indiqué que
les hausses de prix favorisaient la substitution électronique et
qu’elles cherchaient à obtenir des rabais sur le volume,
particulièrement dans les secteurs émergents du commerce électronique.
Elles ont également indiqué qu’elles voulaient de meilleurs
partenariats, des rabais sur le volume et des mesures d’incitation au
partage du travail.
Certains clients commerciaux ont exprimé des préoccupations selon
lesquelles Postes Canada aurait trop d’indépendance quant à
l’établissement des prix en général, à l’exception du tarif de base de
la poste-lettres. Quoi qu’il en soit, les opinions relativement à la
création d’un organisme de réglementation indépendant étaient
contradictoires.
Jamais un service postal n’a suscité autant de débats publics et
d’émotions que dans les collectivités rurales du Canada. Les Canadiens
des régions rurales craignent profondément tout affaiblissement de
Postes Canada, qui se traduirait par une réduction ou une perte de
service postal viable dans les régions rurales. En effet, le Comité consultatif a observé que les Canadiens des régions rurales considèrent
la poste comme leur seul moyen de communication constant et fiable. De
plus, le Comité consultatif a constaté que la confiance des Canadiens
des régions rurales envers Postes Canada avait été ébranlée par la
réduction perçue des services ruraux et les fermetures de bureaux de
poste exécutées malgré le moratoire, ainsi que par ce que certains
considèrent comme une application excessivement stricte des codes du
travail et de sécurité.
Leçons apprises des autres postes
Le Comité consultatif a examiné les expériences de plusieurs services
postaux aux quatre coins du monde. À l’instar de Postes Canada, ils ont
dû faire face à des défis liés à la diminution des revenus et à
l’augmentation des coûts.
En matière de revenus, tous les services postaux nationaux analysés ont
connu un affaiblissement ou un aplanissement de la croissance des
volumes de courrier (voire une baisse réelle pour certains) en raison de
la substitution électronique et de la substitution de produit, et en
raison de l’accroissement de la concurrence, particulièrement dans les
cas où les marchés postaux ont été déréglementés. En matière de coûts,
tous les services postaux nationaux ont noté une tendance générale à
l’augmentation plus rapide des coûts que des revenus, qu’elle se soit
manifestée par une hausse des coûts de la main-d’œuvre ou par des
difficultés à assumer l’ensemble des coûts liés à la prestation des
diverses facettes du service universel. Pour renverser cette tendance,
les services postaux nationaux ont optimisé leurs réseaux, lancé de
nouveaux produits et services complémentaires, établi de nouveaux
réseaux et étendu des réseaux existants par le biais de filiales et
d’acquisitions et ont intégré leurs activités verticalement et
horizontalement de façon à générer plus de revenus à l’appui de leur
obligation d’assurer un service universel.
Par ailleurs, les services postaux qui ont modernisé leurs
établissements et leurs activités sont parvenus à réduire les coûts et à
produire de nouvelles sources de revenus en offrant à leurs clients une
plus grande variété de produits et de services innovateurs.
Les services postaux nationaux qui réussissent exercent leurs activités
en fonction d’un accord de gouvernance bien structuré axé à la fois sur
l’adoption de pratiques commerciales modernes et la satisfaction des
besoins du public. Un accord de gouvernance clair, transparent et
responsable leur permet d’atteindre de façon simultanée et équilibrée
des objectifs commerciaux et sociaux, sans qu’un contrôle gouvernemental
trop rigoureux nuise à l’atteinte de l’un ou l’autre but.
La perspective de Postes Canada
En dépit du fait qu’il ait réalisé un profit pendant 13 années
consécutives, le secteur Postes Canada de la Société canadienne des
postes, à savoir le bureau de poste, se trouve dans une situation
financière précaire. Le niveau existant de profit de la Société est
principalement attribuable à sa filiale Purolator. Le secteur Postes
Canada en soi atteint à peine le seuil de rentabilité.
D’énormes pressions s’exercent de part et d’autre sur les revenus du
marché exclusif de Postes Canada (privilège exclusif). Il est
généralement reconnu que les volumes de la poste-lettres sont soit
stables, soit à la baisse – Postes Canada prévoit une baisse annuelle
d’au moins 1 % des volumes sur les cinq prochaines années. Les coûts de
la livraison du courrier augmentent à un rythme accéléré. Outre
l’incidence des coûts croissants du transport et de la main-d’œuvre,
plus de 200 000 nouvelles adresses postales s’ajoutent au réseau postal
chaque année en raison des changements démographiques, ce qui, en
moyenne, se solde par une diminution du nombre d’articles de courrier
par adresse.
La SCP a cerné trois autres contraintes structurelles limitant sa
capacité d’assurer son autonomie financière, notamment une obsolescence
et une modernisation inadéquate, comme en témoignent les établissements
et le matériel vieillissants, des réseaux de distribution et de vente au
détail qui ne reflètent pas les changements démographiques des 20
dernières années, et une culture interne inhibitrice, y compris des
conventions collectives strictes avec le STTP et les accords de
gouvernance aux termes desquels Postes Canada exerce ses activités.
Dans sa présentation au Comité consultatif, Postes Canada propose une
variété de mesures pour aider à maintenir l’autonomie financière de la
Société, notamment :
- une indemnisation conforme au marché et selon les modalités des
conventions commerciales pour tout service postal lié aux programmes
d’intérêt public entrepris;
- l’instauration d’une norme de service axée sur la proximité et
l’élaboration d’une définition claire des termes « collectivité
rurale » et « collectivité urbaine »;
- une flexibilité en matière de tarification et un accroissement
des limites d’emprunt de façon à répondre aux besoins courants de la
Société en matière d’investissement et d’exploitation;
- un examen de la convention collective du STTP réalisé par un
tiers et un rapport public sur sa compétitivité;
- une clarification du rôle du conseil d’administration de la
Société.
Partie II : Enjeux importants pour Postes Canada
Cinq thèmes généraux ont retenu l’attention du Comité consultatif
dans le cadre de l’examen stratégique.
Obligation d’assurer un service universel
Lorsque le ministère des Postes a été transformé en société d’État en
1981, la définition de l’obligation d’assurer un service universel n’a
pas été précisée. Postes Canada devait fournir un service universel de
base adapté aux besoins des Canadiens et fournir un niveau de service
comparable dans les collectivités de même importance. Aujourd’hui, le
manque de précision quant à ce qui est inclus dans l’obligation
d’assurer un service universel de Postes Canada, par opposition à ce qui
devrait l’être ou pourrait l’être, sème la confusion au sein de la
Société, de ses actionnaires et de ses clients.
Pour préciser l’obligation d’assurer un service universel, qui constitue
la raison d’être de Postes Canada, le Comité consultatif suggère de la
définir dans le cadre d’un « contrat » ou d’un « protocole de service »
qui serait conclu entre le gouvernement du Canada et Postes Canada et
rendu public. Ce protocole de service ferait partie d’un nouveau cadre
financier et de service qui établirait clairement les attentes du
gouvernement à l’égard de Postes Canada.
En principe, le Comité consultatif est d’avis que Postes Canada, en tant
que société d’État commerciale, devrait s’attendre à recevoir une
indemnisation raisonnable pour toute obligation d’intérêt public que lui
assignera le gouvernement au-delà de son obligation d’assurer un service
universel.
Modernisation (capacité physique)
Postes Canada doit détenir les outils et les processus nécessaires
pour assumer ses fonctions et ses responsabilités sur le plan de
l’efficacité, des coûts, de la rapidité d’exécution et de la constance
du service. Le Comité consultatif estime que Postes Canada a
considérablement sous-investi dans ses infrastructures, ce qui a amené
des problèmes d’obsolescence autant dans ses établissements que dans son
équipement. Pour résoudre ces problèmes, un niveau considérable
d’investissement sera requis. On peut raisonnablement s’attendre à ce
que cet investissement soit de l’ordre de 3 milliards de dollars sur les
sept prochaines années, en plus des 200 millions de dollars que la
Société consacre déjà en moyenne chaque année aux travaux d’entretien
permanent et aux programmes d’infrastructure normaux.
Selon une approche fondée sur des principes, la mise en œuvre du plan de
modernisation de plusieurs milliards de dollars de Postes Canada exige
un engagement considérable envers l’amélioration de la productivité par
le biais de la modernisation de l’infrastructure. Il y aura
inévitablement des répercussions sur la nature des emplois à Postes
Canada, ce qui doit être établi clairement et transmis à toutes les
parties dans le cadre des exigences d’approbation des programmes de
modernisation. Le Comité consultatif estime valable la suggestion de
Postes Canada visant à nommer une tierce partie chargée d’examiner les
conventions collectives actuelles selon qu’elles pourraient entraver ou
faciliter la viabilité à long terme de Postes Canada.
Viabilité financière
Si Postes Canada n’est pas en mesure de générer les fonds nécessaires
à long terme ou d’y accéder, sa capacité de remplir constamment son
obligation d’assurer un service universel sera sans cesse compromise.
Ces derniers temps, la Société n’a pas réussi à atteindre les objectifs
financiers établis dans le Cadre stratégique et financier pluriannuel de
1998. Cela reflète une divergence des récents taux de croissance en ce
qui touche les coûts d’exploitation (hausse de 3,2 % en 2007) et les
revenus (hausse de 2,5 % en 2007). La viabilité financière future de
Postes Canada est directement liée à sa capacité d’obtenir du capital
pour financer ses plans de modernisation, à l’optimisation de sa
modernisation de façon à réduire les dépenses d’exploitation par
l’amélioration de sa productivité, et la croissance de ses revenus.
Le gouvernement devrait fixer de nouveaux objectifs d’autonomie
financière pour Postes Canada qui soient adaptés aux circonstances
changeantes. Il devrait également établir un cadre financier révisé
comprenant de nouveaux ratios cibles pour ce qui est de la structure
financière, de la rentabilité et des dividendes de la Société. Ce cadre
devrait fournir des objectifs financiers qui, une fois atteints et
associés à un régime approprié d’établissement des tarifs, permettront à
Postes Canada d’exercer ses activités de façon autonome sur le plan
financier. La gestion du Cadre financier devrait faire partie du
processus annuel de planification budgétaire et de planification
organisationnelle stratégique.
Les services postaux dans les régions rurales du Canada
Le Comité consultatif est d’avis que le maintien d’un service postal
efficace dans les régions rurales du Canada fait partie de l’obligation
de Postes Canada d’assurer un service universel et qu’il ne faut pas le
concevoir comme un objectif d’intérêt public allant au-delà de cette
obligation. Postes Canada et le gouvernement du Canada n’ont pas adopté
de définition mutuelle et opérationnelle approfondie de l’aspect des
services ruraux dans le cadre de l’obligation de Postes Canada d’assurer
un service universel. Le Comité consultatif croit que la formulation,
l’énonciation et la communication d’une définition claire et
transparente des rôles et des responsabilités de Postes Canada dans les
régions rurales canadiennes dans le cadre d’une obligation d’assurer un
service universel redéfinie permettraient d’écarter nombre de désaccords
et d’éventuels malentendus entre les parties concernées.
Les bureaux de poste dans les régions rurales sont essentiels à la
viabilité économique et à l’identité sociale des collectivités.
Toutefois, plusieurs des bureaux de poste ruraux actuels de la Société
ont été établis dans des conditions très différentes de la situation
actuelle. Un examen du moratoire sur les fermetures de bureaux de poste
ruraux aurait dû être réalisé il y a longtemps. Un nouveau mécanisme
plus explicite devrait être élaboré afin de remplacer le moratoire par
un ensemble de règles et de lignes directrices de procédure. Ce
mécanisme protégerait et respecterait les besoins des Canadiens des
régions rurales en matière de services postaux tout en donnant à Postes
Canada une certaine flexibilité pour aborder les nouveaux enjeux liés à
la prestation de services postaux dans les régions rurales, et ce, dans
le respect des besoins et des attentes des Canadiens des régions rurales
en matière de service.
La livraison du courrier en bout d’entrée de cour, c’est-à-dire la
livraison dans les boîtes aux lettres situées au bout de l’allée ou de
l’entrée de cour des maisons, remonte au début du XXe siècle.
En général, ces maisons étaient situées sur des routes campagnardes
tranquilles. De nos jours, ces mêmes résidences donnent directement sur
des rues et des routes relativement passantes, où le risque potentiel
d’accidents et de blessures est élevé, tant pour les facteurs que pour
les automobilistes. Le Comité consultatif estime que les examens de la
sécurité entrepris par Postes Canada étaient nécessaires et auraient dû
être réalisés il y a longtemps, car la vitesse de circulation et l’usage
des routes ont évolué au fil du temps. Le gouvernement devrait donner à
Postes Canada la liberté d’examiner sérieusement l’efficacité et la
viabilité du maintien de ce mode de livraison du courrier. De plus,
Postes Canada devrait améliorer son processus d’engagement des
collectivités pour examiner les services actuels et déterminer si des
solutions de rechange acceptables pourraient être élaborées pour les
collectivités concernées.
Clarification du contexte de gouvernance
Postes Canada estime que le processus de surveillance gouvernementale
est disproportionné par rapport aux exigences. Il ralentit
considérablement les processus d’approbation des plans d’entreprise, de
certaines transactions commerciales et des emprunts ce qui peut faire en
sorte que Postes Canada manque des occasions sur le marché. En revanche,
le Comité consultatif estime que le gouvernement a le devoir de veiller
à ce que les sociétés d’État, dont Postes Canada, soient bien gérées et
remplissent leur rôle d’intérêt public de façon responsable sur le plan
fiscal. Compte tenu de l’évolution de Postes Canada, le Comité consultatif croit qu’il serait opportun de prendre du recul afin de
clarifier à nouveau les divers rôles, responsabilités et pouvoirs des
principaux agents dans le contexte de gouvernance du service postal
canadien. Un régime de gouvernance idéal réunirait les mesures suivantes
:
- Faire en sorte que les rôles, les responsabilités et les
pouvoirs de la direction de Postes Canada, de son conseil
d’administration et du gouvernement du Canada soient précis, clairs
et transparents;
- Donner à un conseil autonome, distinct et sans lien de
dépendance avec le gouvernement des pouvoirs en matière de diligence
raisonnable primaire, de responsabilité financière ou commerciale et
de recrutement de cadres dirigeants. Ce conseil serait
principalement composé de personnes possédant de l’expertise et de
l’expérience commerciales approfondies ainsi que de l’expérience
dans le secteur public;
- Permettre à l’actionnaire d’exercer, dans une mesure pratique,
un contrôle financier par le biais d’un certain nombre de mesures,
notamment la publication d’un énoncé de politique clair sur ses
exigences et ses attentes; la nomination du président du conseil et
(sur les recommandations du conseil) des membres du conseil; la
nomination d’un représentant quelconque des actionnaires au conseil;
l’établissement d’une relation claire et concrète entre
l’actionnaire et le conseil, dont la tenue de rencontres entre le
conseil et le ministre de façon régulière et la formulation d’un
énoncé clair des attentes; la réalisation d’un examen annuel des
objectifs financiers et des plans d’entreprise pluriannuels;
- Énoncer clairement et publiquement les attentes en ce qui touche
la qualité, le service et l’obligation d’assurer un service
universel. Cela serait fait dans le cadre d’un arrangement
contractuel coordonné par le conseil d’administration;
- Postes Canada serait indemnisée par le gouvernement pour toute
activité non commerciale non liée à l’obligation d’assurer un
service universel que le gouvernement lui aura demandé
d’entreprendre.
Partie III: Résumé des recommandations
Les recommandations du Comité consultatif, qui sont énoncées en
détail à la partie III du présent rapport, s’articulent autour de cinq
principaux thèmes :
Obligation d’assurer un service universel
Les principes liés à l’obligation d’assurer un service universel
devraient être énoncés dans un protocole de service, à savoir un contrat
entre le gouvernement du Canada et Postes Canada qui serait régi par le
conseil d’administration de Postes Canada et mis en œuvre par la haute
direction de la Société.
Postes Canada ne devrait pas avoir à puiser dans ses revenus généraux
pour assumer les coûts liés aux objectifs d’intérêt public qui ne font
pas partie de l’obligation d’assurer un service universel.
Modernisation
Postes Canada doit avoir un réseau postal moderne, de la technologie
de pointe ainsi que des processus et des produits concurrentiels pour
respecter son obligation d’assurer un service universel en conservant
son autonomie financière.
Le conseil d’administration de Postes Canada devrait élaborer et
présenter son plan de modernisation pluriannuel au gouvernement aux fins
d’approbation avec son plan d’entreprise 2010-2014, et mettre le plan à
jour dans chaque plan d’entreprise présenté par la suite.
Le gouvernement devrait appuyer de façon proactive l’élaboration par
Postes Canada du plan de modernisation qui contribuera à l’amélioration
de la productivité et à la réduction des coûts occasionnés par les
retraites et d’autres attritions pendant et après la période visée par
le plan de modernisation.
Postes Canada devrait avoir accès à des niveaux d’emprunt de capitaux
adaptés au plan financier et au plan de modernisation.
Viabilité financière
Le Cadre stratégique et financier pluriannuel de 1998 devrait être
reformulé à la lumière de conditions et d’exigences contemporaines. Le
Cadre révisé comporterait deux éléments : un Protocole de service, comme
nous l’avons mentionné ci-haut, et les objectifs financiers exposés
ci-après.
Le Cadre financier devrait établir des objectifs qui sont adaptés aux
conditions et aux défis actuels et futurs et qui établissent l’autonomie
financière à long terme de Postes Canada. Les objectifs du Cadre
financier devraient être déterminés de façon à donner à Postes Canada
l’accès aux marchés de capitaux ou d’emprunts au niveau requis pour
financer le plan de modernisation.
Le Cadre financier devrait également établir un régime de tarification
des produits réglementés de Postes Canada qui reflète les coûts de la
Société et qui assure des revenus et un niveau de rentabilité
nécessaires à son autonomie financière, tout en assurant des tarifs
postaux raisonnables pour les Canadiens. L’exigence selon laquelle
Postes Canada doit verser des dividendes devrait être assouplie pendant
la phase d’investissements importants dans le cadre du plan de
modernisation. Le gouvernement devrait préciser les exigences de Postes
Canada en matière de solvabilité au titre des pensions afin d’assurer
que cela ne nuise pas à la rentrée de fonds nécessaires au financement
de la modernisation.
Postes Canada devrait continuer à fonctionner commercialement sur les
marchés concurrentiels au sein desquels elle exerce actuellement ses
activités, et le gouvernement devrait préciser et communiquer ses
attentes concernant toute nouvelle initiative commerciale.
La déréglementation du marché postal ou du privilège exclusif n’est pas
la voie à suivre, sauf dans le domaine du courrier international de
départ.
Services postaux dans les régions rurales du Canada
Le gouvernement devrait remplacer le moratoire sur la fermeture des
bureaux de poste ruraux par une nouvelle approche fondée sur une
définition plus réaliste et pratique du terme « rural » dans le contexte
d’une politique rurale actualisée et plus opérationnelle.
Le gouvernement devrait déclarer que la poste en milieu rural fait
partie de l’obligation d’assurer un service universel, et les attentes
des régions rurales au Canada en matière de service devraient être
incluses dans le nouveau Protocole de service.
Clarification du contexte de gouvernance
Les rôles, les responsabilités et les pouvoirs respectifs du conseil
d’administration, de la direction et du gouvernement devraient être mis
à jour, clarifiés, communiqués et devraient être transparents. De plus,
des communications régulières et améliorées devraient être établies :
- À titre de principe directeur et compte tenu de la nature unique
de Postes Canada et du contexte opérationnel principalement
commercial dans lequel elle évolue, le Comité consultatif croit
fermement que la surveillance des affaires de la Société devrait
relever principalement du conseil d’administration;
- La responsabilité du conseil d’administration concernant la
viabilité de Postes Canada devrait être clarifiée et appliquée au
moyen d’un processus amélioré de nomination, notamment en nommant un
sous-ministre ou un sous-ministre délégué, actuel ou ancien, au
conseil;
- Le processus pour l’approbation des tarifs réglementés devrait
être amélioré et plus transparent;
- Une plus grande symétrie des renseignements et des connaissances
en matière postale devrait être établie entre Postes Canada et le
ministère chargé du portefeuille de Postes Canada;
- Un examen stratégique de Postes Canada devrait être réalisé tous
les cinq ans.
À plus long terme, afin de clarifier davantage les responsabilités, il
conviendrait de séparer les responsabilités du gouvernement en matière de
surveillance financière et réglementaire en mettant en place un processus et une
structure de gouvernance propres à répondre aux besoins de ces deux fonctions.
Sommaire exécutif : Notes en bas de page
[1] Voir l’appendice F pour le glossaire des acronymes
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